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| Jean Genet Pompes Funèbres Edition confidentielle, 1948 Rare exemplaire avec envoi d'époque. Frontispice de Jean Cocteau. 300 euros |
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Jean Genet est un enfant de l’Assistance publique, abandonné par sa mère et élevé dans le Morvan. Adolescent, il enchaîne les fugues et les délits, passe par la colonie pénitentiaire de Mettray, puis s’engage dans l’armée, qu’il déserte. Vagabond à travers l’Europe dans les années 1930, il connaît la prison à de nombreuses reprises pour vols. C’est en détention, dans les années 1940, qu’il écrit ses premiers textes : Notre-Dame-des-Fleurs, Miracle de la rose, Querelle de Brest. Soutenu par Cocteau, puis salué par Sartre (qui lui consacre Saint Genet, comédien et martyr), il échappe à la réclusion à perpétuité grâce à une pétition d’intellectuels. Il se tourne ensuite vers le théâtre (Les Bonnes, Le Balcon, Les Nègres, Les Paravents) et, dans ses dernières années, vers l’engagement politique, auprès des Black Panthers puis des Palestiniens (Un captif amoureux, publié à titre posthume). Il meurt à Paris en 1986 et est enterré à Larache, au Maroc. Roman autobiographique et inclassable, Pompes funèbres est écrit à la mort de Jean Decarnin, jeune résistant tué lors de la Libération de Paris et amant de Genet. Le récit transforme le deuil en une cérémonie littéraire : le narrateur célèbre le disparu en l’élevant au rang de mythe, tout en s’abandonnant à une rêverie érotique et trouble où se mêlent la trahison, la collaboration, la beauté du mal et la fascination pour les bourreaux. Genet y brouille les frontières entre l’amour et la mort, la fidélité et la trahison, le réel et le fantasme. Le texte, d’une écriture somptueuse et provocatrice, fait de la douleur le matériau d’une véritable liturgie poétique. |
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